Qian Qian 钱骞
Avant de commencer notre série d’interviews, je tenais a vous présenter Qian Qian. Il fait partie de cette nouvelle génération de designers multidisciplinaire. Illustrateur et directeur artistique d’origine chinoise et parti rejoindre les Etats Unis apres avoir collabore au sein de l’agence Pékinoise Ogilvy One.
Cet interview a été réalisé en juin 2005 pour le site français Praktica.

Parle-nous de ta formation au départ… Autodidacte.
Depuis combien de temps travailles-tu sur le Web? 4 ans
Quels sont les différences en termes d’approches graphiques (culturelles, méthode de travail) entre les USA, l’ecosse et la Chine? Dans bien des cas, l’Europe met le design au centre, c’est dans le sang. Les USA ont besoin du design pour vendre. En Chine, on en est en train d’apprendre…
A ce propos, parle-nous du webdesign en Chine? En Chine, le webdesign est en pleine phase de croissance, qvec des agences internationales et de nombreuses petites agences locales. Aritstiquement, les designers en Chine sont progressivement en train de développer leur propre personnalité visuelle, tandis que les influences graphiques occidentales sont de plus en plus présentes. Les “grosses” agences basées en Chine sont d’abord là pour les clients internationaux (par exemple OgilvyOne, à Pékin, où j’ai travaillé dans le passé). Il est difficile pour les petites agences locales ou nationales de sraffirmer auprès de ces clients, c’est donc souvent ces dernières qui gèrent les clients domestiques: par exemple, 01media, une petite zebagency qui gagne en réputation à Shanghai.
Et qu’est ce qui différencie un client chinois d’un client américains (ou autre) par exemple? Il y a parout de bons et de mauvais clients… En génral le client Chinois parlera en Chinois, tandis qu’aux US ou en Europe, tout le mende communique en Anglais…
Le graphisme japonais de son côté a toujours été énormément marqué par son trés riche passé calligraphique et atistique. A l’opposé, les graphistes chinois actuels seblent directement être influencés par ce qui se fait en Europe ou aux Etats-Unis. A quoi qttribues-tu cette particularité? Il y a un certain nombre de reaisons à ce phénomène: Tout d’abord, la chine est en train de se construire économiquement. La société chinois reste en general centré sur les possessions matérielles, la richesse et ce au détriment d’une vie, je dirais, plus ’spirituelle’ ou traditionnelle. Le graphiste chinois traduit cette tendance sur le papier. Deuxièmement, il faut savoir que l’héritage culturel et artistique chinois a trés largement été balayé durant la révolution culturelle. Ainsi la nouvelle génération d’artistes a grandi avec cette vie trépidante et ces notions de globalisation en mettant en arrière tout le passé culturel chinois. 20 ans après, la société chinoise commence à reconnaître et se rappeler ses valeurs historiques et culturelles. C’est bien dommage que beaucoup de ces traditions chinoises telles que la calligraphie chinoises aient été surtout reprises par le graphisme japonais. C’est donc pour cela que nous avons encore à beaucoup travailler pour permettre une synthèse entre nos traditions et nos connaissance actuelles du monde d’aujourd’hui.
Enfin, dernier point, le design graphique japonais a mis plusieurs décennies à éclore, à partir de son boom économique après la seconde guerre mondiale. La Chine vient juste de décoller et l’industrie graphique se met en place. Donnez-nous un peu de temps :-)
Les difficultés du milieu du graphisme en Chine? C’est un projet de construction social. Le grand public a encore besoin de prendre conscience de l’importance du design dans sa vie quotidienne. Le défi de la plupart des designers en Chine, c’est de comprendre les valeurs culturelles chinoises et la culture occidentale. Et puis la langue, comprendre ses subtilités, pour communiquer visuellement avec le public. Ensuite, l’énorme fossé du salaire, qui a permis aux agences d’être compétitives mais qui affaiblit les jeunes talents. Enfin, la culture du client qui reste encore bien souvent inspirée de modèles esthétiques anciens, et qui bien souvent entraîne une appréciation moins positive d’un bon concept.
Que crois-tu qu’il soit essentiel d’enseigner à de jeunes graphistes? L’importance d’avoir des idées originales. la typographie.
Le système d’écriture idéographique chinois entraîne une approche particulière de la mise en page, dans la forme, dans l’esprit et dans la technique, peux-tu les résumer? C’est effectivement une approche particulière mais rarement mis en application. La Chine avait des moyens uniques et originaux pour observer et représenter notre monde, mais en s’occidentalisant, la Chine moderne a pris le pas sur tout cela. Heureusement, il est encore possible d’y revenir. La sensibilité aux nuances, les systèmes d’interprétation si variés, et la capacité à concevoir des projets longs et complexes sont des aspects de notre culture que nous devrions rechercher davantage. Techniquement, il y a en Chine des moyens vraiment ‘cool’ de pour s’exprimer, tel que l’encre à eau, ou des multitudes de supports papiers que nous avons inventés. Il serait fantastique de pouvoir intégrer ce capital artistique dans des projets commerciaux.
En tant que Chinois, le fait de se mettre à la typographie latine n’a pas dû être très facile. Comment t-y es tu pris? J’ai moi-même beaucoup appris à travers l’observation, en lisant des livres et en demandant à d’autres professionnels. En fait, se former a la typographie latine en Chine est difficile. Beaucoup d’étudiants sortent des écoles sans savoir les bases ni la sensibilité de faire attention à l’interlettrage. Je ne pense pas que c soit un problème de différences culturelles, mais plutôt un problème de moyens pour instruire ces notions de bases.
Tu continues de travailler pour des clients depuis que tu enseignes? Sur l’ensemble des projets que tu réalises quel est domaine qui l’emporte? Vidéo broadcast, print, web? Oui occasionnellement, je gère des projets en freelance, poussé davantage par la valeur créative que pour ce que ça rapporte. J’ai un backgroud orienté webdesign, mais désormais mes intérêts glissent vers le print et l’image animée. Je m’ennuie vite si je continue à faire les mêmes vieux trucs…
Pour la vidéo tu utilises After Effects? Yes.
As-tu déjà utilisé Shake ou Motion? Non, mais je veux essayer. Devoir aprendre un nouveau logiciel est toujours douloureux.
Ton meilleur souvenir sur un projet? Il n’y a pas vraiment de meilleur, je crois que cela vient dès lors que mon travail est apprécié par les personnes que je respecte et qui me respectent.
Le pire souvenir? Avoir à faire quelques projets merdiques contraints par des clients corporates.
Il y a-t-il des graphistes en particulier dont tu apprécies le travail? The Designers Republic, Experimental Jetset, Graphic Thought Facility, Kam Tang, Saiman Chow, ;Phunk, Deanne Cheuk, Genevieve Gauckler, et beaucoup d’autres…
Ce que tu détestes sur un site? Sur une vidéo? Les “Vector Girls” (Les illustrations vectorieeles de filles)
Utilises-tu un après-shampooing? Non.
Tu écoutes de la musique en bossant? La plupart du temps. j’aime la musique parfois davantage que le design.
Ta drogue préférée? N/A (not applicable)
Un message à faire passer? Le monde est en train de devenir dingue.
Quelle a été ta dernière folie? Commencer à enseigner et donner des cours.
Etant enfant as-tu joué aux Legos? Oui, je les adorais, et je les adore toujours.
Quelle est la question que j’ai oubliée de te poser? Peut-être une question au sujet de l’exposition “Get it Louder” que je co-organise…
Un mot sur cette expo? Get It Louder est une exposition présentée dans 3 villes de Chine, Canton, Shanghai puis Pékin, nous souhaitons représenter ce que la Chine est aujourd’hui en terme de création visuelle, de design objet, et dans l’espoir de donner une nouvelle image de la Chine grâce à cette nouvelle génération de talents. Elle est aussi centée sur la culture et les gens d’une même nation. C’est prèsque un projet de reconstruction, montée sur les ruines de la révolution culturelle. L’image est encore brouillée, floue et anbiguë, mais elle est passionnante et parfois même aggressive, avec des sources d’inspiration expansives.
Je me sens personnellement fasciné dernière toute l’agitation, le “bruit” qu’à provoqué cette exposition, et finallement ce “bruit” est devenu l’objet de cette exposition. Get It Louder est une modeste et non exhaustive compilation de ce qui passe au présent en Chine et servira de base pour d’autres travaux futurs.
Merci !
ps : une mise à jour de cet interview sera publié en 2008 à l’occasion de la visite de Jian à Paris. Merci à Philippe Gully (praktica) pour m’avoir permis de publier cet interview.
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- Published:
- 08.10.07 / 10am
- Category:
- (web)designers en Chine, Francais, Interviews




















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